Mobiliser la communauté des Institutions Nationales des Droits de l’Homme (INDH) sur les conséquences de la guerre dans l’Est de la RDC et mettre en place des stratégies afin de contribuer au retour de la paix en RDC. Tel est l’objectif primordial de l’Atelier Strategique Regional avec les Representants des INDH de la Communauté de Développement d’Afrique Australe (SADC), de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et les leaders et acteurs clés des Organisations de la Société Civile locale dont les travaux ont été ouverts mardi 25 février 2025 à Kinshasa par le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo. A constaté infoplusrdc.com
Face à la situation des droits humains qui demeure extrêmement préoccupante dans la partie Est de la République Démocratique du Congo (RDC) avec les attaques de grande ampleur menées par le Rwanda et ses supplétifs du M23-AFC contre des civiles alimentant une crise humanitaire ayant entraîné le déplacement de près de sept millions de personnes et la fuite à l’étranger de milliers d’autres, la Commission Nationale des Droits de l’Homme de la République Démocratique du Congo (CNDH-RDC) qui est une institution d’appui à la démocratie a décidé de réunir les représentants des autres INDH en Afrique pour mettre en place des stratégies en faisant un diagnostic de la situation générale de la guerre dans l’Est de la RDC, en Elaborant un cahier de charges sur la mobilisation des INDH et des leaders des organisations de la société civile de la RDC pour le plaidoyer au niveau sous-régional, régional et international, ainsi qu’un plan d’actions pratique de sortie de crise.
Il sied de noter que les participants à cet Atelier dont les travaux seront clôturés ce mercredi 26 février, viennent des INDH de l’Afrique du Sud, de la Zambie, du Botswana, de la Namibie, de l’Angola, du Zimbabwe, de l’Ouganda, du Burundi, du Nigéria, de l’Ethiopie, du Kenya, du Malawi, de Madagascar, du Maroc, du Mozambique et de la Tanzanie et aussi les représentants du Réseau Africain des Institutions Nationales des Droits de l’Homme (RINADH).
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Lors de sa prise de parole, le président de la CNDH-RDC, Paul NSAPU MUKULU, qui a rendu hommage au Président de la République, Félix TSHISEKEDI pour sa diplomatie agissante et pour avoir une fois de plus, tendu la main à toutes les parties, a, de prime abord, circonscrit le cadre de cette rencontre.
(…) Le recours au processus de paix requiert des efforts énormes et des contributions de tous les acteurs impliqués afin d’aboutir à des résultats probants. C’est donc une affaire de tous : Institutions Nationales des Droits de I’Homme, Organisations de la société civile, scientifiques, réligieux (…) Nous devons à ce stade comprendre tous que ce processus vise à rapprocher des parties hostiles, essentiellement par des moyens pacifiques tout en sachant très bien que les droits humains ont une force contraignante tant sur les détenteurs d’obligations que sur les titulaires des droits. Ces moyens pacifiques sont prévus au Chapitre VI de la Charte des Nations unies qui prévoit en son article 33 que x les parties à tout différend dont la prolongation est susceptible de menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales doivent en rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation, d’enquête, de médiation, de conciliation, d’arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d’autres moyens pacifiques de leur choix (…) », a-t-il souligné.
Et de renchérir : « (…) Les atteintes aux droits de l’homme commises par les groupes armés dont le M23-AFC soutenus par le Rwanda et documentées dans plusieurs rapports tant nationaux × qu’internationaux (…) Au cours de cette dernière période liée aux graves exactions contre les populations civiles, à Goma comme à Bukavu, les atteintes aux droits de l’homme commises par le Rwanda et ses supplétifs du M23-AFC ont été systématiques et d’une extrême brutalité. Les exécutions sommaires et les atteintes à l’intégrité physique ont été essentiellement perpétrées à l’aide de machettes, de haches, de couteaux et à l’aide d’armes à feu de plusieurs marques. Ces attaques prennent à ce jour la forme d’embuscades et d’incursions dans des maisons des populations civiles occasionnant des pillages et incendies sans précédent (…) ».
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Avant de rajouter : « (…) Au regard du droit international, ces violations du droit international humanitaire et atteintes aux droits de l’homme commis par le M23-AFC, supplétifs du Rwanda, pourraient constituer, par leur nature et leur ampleur, des crimes contre I’humanité et des crimes de guerre (…) Le rétablissement de la paix tel qu’entendu aujourd’hui x igt souvent l’établissement des moyens de s’entendre sur des décisions éthiques au sein d’une communauté tout en privilégiant les actions de plaidoyers et de lobbying de grande envergure afin que les vrais auteurs soient poursuivis, jugés et condamnés (…) C’est à ce titre que la CNDH-RDC salue la résolution récente du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, votée à l’unanimité par les 15 Etats-membres, axée sur les nouvelles sanctions contre deux hautes personnalités dont une de l’armée Rwandaise et l’autre du mouvement terroriste M23-AFC (…) En effet, Il est donc plus qu’urgent qu’à la fin de cet atelier stratégique réunissant les Institutions Nationales des Droits de I’Homme (INDH) des pays membres de la SADEC, de I’EAC et les représentants des organisations de la société civile, que les recommandations fassent état de la mise en place d’un plan d’actions pratique qui servira de base pour toutes les activités de plaidoyer dans la sous-région, et sur le plan international pour que non seulement la paix revienne mais aussi et surtout pour contribuer efficacement à la réussite du mandat de la RDC au sein du Conseil des
Droits de I’Homme des Nations-Unies.]
II vous souviendra donc, à cet effet,que la RDC vient de commencer son mandat de deux ans au Conseil des Nations Unies et fera tout son mieux afin que la promotion et la protection des droits humains, contenus dans les engagements du Chef de l’Etat, continuent à être au coeur des priorités de la République pour le retour effectif de la paix à l’Est de la RDC et pour effacer les horreurs du passé dans le chef des populations civiles peu importe la durée car cela constitue un devoir de mémoire (…) ».
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Le président de la CNDH-RDC a, somme toute, exhorté tous les participants à ces assises à donner le meilleur d’eux mêmes avec une touche des droits de l’homme afin de contribuer aux stratégies du retour effectif de la paix et au respect de la dignité humaine à l’Est de la RDC.
Plusieurs sujets sont décortiqués durant les travaux pour diagnostiquer la situation générale de la guerre, élaborer un cahier de charge sur la mobilisation des INDH et acteurs des organisations de la société civile locale et un plan d’actions pratique de sortie de crise, avec des travaux en groupe et table ronde. Il s’agit de « Rôle et mandat des INDH selon les Principes de Paris »; « Trame d’un Génocide silencieux et
pernicieux » ; « Analyse de différents accords signés par la RDC sous l’angle du droit international: Conséquences,défis et
perspectives » ; « Rôle des médias dans le processus du retour de la paix à l’Est de la RDC » ; « Organisation du contentieux international de protection des droits del’homme par le Gouvernement » ; « Approche multidimensionnelle du processus de retour de la paix: Meilleures pratiques et
Défis; partage d’expériences et Contribution des INDH (Table ronde) ; « Esquisse de différentes violations des droits de l’homme perpétrées pendant le moment des conflits à l’Est de la
RDC (Analyse approfondie) » Travaux en groupe ; « La Protection Constitutionnelle des droits de l’homme en RDC » ; « Planification d’actions-Stratégies de
plaidoyer, de communication et de campagne pour la durabilité d’actions à entreprendre pour le rétablissement effectif de la paix à l’Est de la RDC ».
À titre de rappel, les INDH ont pour mandat de protéger et de promouvoir les droits de l’homme. Elles sont des institutions publiques indépendantes financées en partie par les gouvernements individuels. Donc, elles sont des organismes mandatés par l’État en vertu d’un acte constitutionnel/législatif pour protéger et promouvoir les droits humains au niveau national.
Le Réseau des Institutions Nationales Africaines des Droits de l’Homme (RINADH) est une entité régionale qui rassemble 44 INDH. Fondé en 2007, le RINADH œuvre en faveur de l’établissement et de la consolidation des INDH en Afrique.