16 juillet 2024

Sommet des trois Bassins : appel à une plus grande collaboration internationale pour protéger la forêt, essentielle à la régulation du climat

La deuxième édition du Sommet des trois Bassins Congo-Amazonie-Bornéo-Mékong, a réuni samedi 28 octobre 2023 au Centre International de conférences de Kintele (banlieue de Brazzaville), une dizaine de Chefs d’État africains. Notamment, Félix TSHISEKEDI (RDC), William Ruto (Kenya) , Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique), Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée Équatoriale), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau), Nana Akufo-Addo (Ghana), Azali Assoumani (Comores), Ce, après deux journées de travaux, d’abord avec les Experts puis au niveau des Ministres. A constaté infoplusrdc.com

« (…) Nous voulons un Sommet de l’action. Il ne peut être autrement parce que nous portons (les trois Bassins), (quelque) 80 % de la biodiversité forestière mondiale (…) », avait déclaré un peu plus tôt Arlette Soudan Nonault, Ministre congolaise de l’Environnement, à quelques heures de l’ouverture de la réunion, à laquelle prenaient part au moins 14 Chefs d’État, essentiellement africains.

« (…) La collaboration inter-bassins forestiers tropicaux doit également favoriser la diversification de nos économies. Il est temps de repenser nos modèles économiques (…) », a suggéré le Premier Ministre congolais, Anatole Collinet Makosso. Non sans souhaiter que les trois Bassins profitent de leurs atouts naturels en promouvant notamment l’agroforesterie, les énergies renouvelables, le tourisme ou encore la bio-économie. 

Les allocutions, commencées en fin de matinée avec des représentants de différents pays et institutions, se poursuivaient en milieu d’après-midi. Un huis clos était ensuite prévu, avant une déclaration finale.

« (…) Ensemble on peut aller plus loin », a déclaré le Président de la Transition du Gabon, le Général Brice Oligui Nguema, premier président à prendre la parole, tout en demandant à la communauté internationale de « soutenir les efforts » de son pays pour préserver la forêt. « Soit nous vivrons ensemble, soit nous périrons tous ensemble (…) », a-t-il lancé. « La collaboration n’est plus une option », a ensuite confirmé le Président kényan, William Ruto.

« (…) Avec plus de 62% des forêts du bassin du Congo et 80% des tourbières, plus de 52 % des réserves d’eau au sud de l’Afrique, sa méga biodiversité classée 5ème au niveau mondial, mon pays qui a pris toute la mesure de sa responsabilité naturelle et historique, entend assumer son leadership environnemental et climatique naturel ensemble avec ses pairs de tous les bassins », a déclaré le Président TSHISEKEDI.

Et de renchérir : « (…) Aussi, la RDC ambitionne de jouer un rôle majeur dans la transition écologique mondiale, car disposant des minerais et des ressources indispensables pour ce faire. De manière non exhaustive, je cite le cobalt, avec plus de 70 % de réserve mondial, le lithium ainsi que des potentiels en énergie propres et renouvelables (…) ».

Avant d’ajouter : « la RDC entend mobiliser les financements adéquats en vue de minimiser son empreinte de carbone, ce qui permettra de moderniser nos systèmes d’exploitation forestière, agricole et minière. A cet effet, j’ai initié plusieurs réformes structurelles tendant au renforcement du cadre juridique et de gouvernance climatique dans mon pays. Ces réformes ont notamment pour but d’améliorer le climat des affaires, de structurer la mise en œuvre de notre contribution à l’échelle nationale et de faciliter la coopération bi et multilatérale (…) ». Non sans souligner que le niveau d’implication de la RDC sur cette question n’est plus à démontrer.

Il a également plaidé pour la diversification des financements climatiques, notamment avec une tarification juste et équitable de crédits carbones et l’amélioration de la survie des populations gardiennes des forêts tropicales.

Notons que l’Union Africaine (UA) a appelé, vendredi 27 octobre, les différents Ministres et les bailleurs à mobiliser davantage de fonds en vue de sauvegarder les poumons de la planète. Le Congo abrite ce sommet qui se déroule en l’absence des hauts-représentants de l’Amazonie et du Bornéo-Mékong pourtant attendus.

« (…) Nous avons besoin de financements pour pouvoir maintenir et conserver ces trois bassins. Nous devons donc avoir des activités (vraiment) dynamiques parce que nous rendons service à l’humanité (…) », a plaidé la Commissaire de l’Union Africaine en charge de l’Economie Rurale et à l’Agriculture, Josefa Sacko, dans une salle archicomble où au moins 3.000 personnes (politiques, organisations internationales et non gouvernementales et de la Société Civile), ont pris place.

Dans un rapport publié mardi, un groupe d’ONG et de chercheurs a constaté que le monde était en train d’échouer à tenir sa promesse d’y mettre fin et d’inverser son cours d’ici 2030, en estimant que quelque 6,6 millions d’hectares de forêt avaient été perdus dans le monde en 2022, dont une grande partie de forêt primaire dans les régions tropicales.

« (…) les trois Bassins représentent 80% des forêts tropicales du monde et les trois-quarts de sa biodiversité (…) », soulignait récemment la Ministre congolaise de l’Environnement, Arlette Soudan-Nonault, en prédisant pour le Sommet de Brazzaville « une déclaration de principe très forte ».

À titre de rappel, en 2011, Brazzaville avait déjà abrité un Sommet sur les trois Bassins Forestiers Tropicaux. Les participants avaient alors promis dans une déclaration commune de coopérer pour lutter contre la déforestation et d’aller vers un front commun lors des négociations sur le climat.

La réunion de Brazzaville est organisée quelques semaines avant la COP28, la Conférence Internationale des Nations-Unies sur le Climat, prévue à Dubaï du 30 novembre au 12 décembre 2023.

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