23 juillet 2024

« 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et filles » : le gouvernement et à la Société civile exhortés à unir leur force pour lutter contre ce fléau en RDC

« Tous unis, investir pour prévenir les violences à l’égard des femmes et filles », tel est le thème de la campagne « 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et filles », édition 2023, qui a été lancée l’occasion de la commémoration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, samedi 25 novembre 2023 à Kinshasa, par Jean d’Arc Kyalu Bemba, Directeur de Cabinet de la Ministre du Genre, Famille et Enfant, Mireille Masangu Bibi Muloko. A constaté infoplusrdc.com

Organisée du 25 novembre(Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes) au 10 décembre (Journée commémorative des Droits Humains) depuis 1991, la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles vise à galvaniser l’engagement individuel et populaire pour la lutte et la prévention des violences à l’égard des femmes et des filles(VEF), un fléau mondial affectant une femme sur trois dans sa vie.

« (…) La violence à l’égard des femmes et filles demeure une des violences des droits de l’homme la plus répandue dans le monde (…) Selon les Nations Unies, à l’échelle mondiale, plus 736 millions des femmes ont été victimes des violences physiques ou sexuelles de la part de leurs partenaires intimes, ou d’autres, au moins une fois dans leur vie (…) La violence à l’égard des femmes a été intensifiée dans différents contextes, y compris l’espace de travail, de commerce, les milieux associatifs et les différentes plateformes en ligne, systématiquement exacerbée par des conflits armés, la mauvaise gouvernance ainsi que le changement climatique, entraînant diverses vulnérabilités à l’endroit de la Femme et de la fille (…) », a indiqué le représentant de la Ministre du Genre, Famille et Enfant.

« (…) Les VSBG traversent toutes les sociétés et classes sociales. A plusieurs endroits dans le monde, les droits des femmes reculent sous la pression de mouvement des forces et des groupes extrémistes, réactionnaires et radicales (…) Il est en plus, alarmant de constater que l’engagement des nations dans la lutte contre les violences faites aux femmes et filles reste timide pour ne pas dire extrêmement rare soulignant que les données disponibles illustrent que dans plusieurs pays, à peine 2% de l’aide de gouvernement est consacrée à la lutte contre ces violences et moins de 1% à leur prévention (…) », a-t-il poursuivi.

Avant d’ajouter : « (…) La solution à cette situation réside dans l’investissement, dans la prévention avec une résiliation phénoménale des femmes du monde qui luttent pour des sociétés justes, égalitaires et démocratiques (…) Nous devons investir davantage dans des organisations des femmes, améliorer la législation, poursuivre le coupable, offrir davantage des services aux survivantes et former les responsables de l’application de la loi (…) ».

Pour sa part, le Représentant Résidant de l’ONU Femmes en RDC, Adama Moussa, a lancé un vibrant appel à l’unité au gouvernement et à la société civile pour lutter contre les violences sexuelles.

« (…) Cette campagne invite le gouvernement, les acteurs de la société civile, les organisations des femmes et des jeunes, le secteur privé, les medias et l’ensemble du système des Nations Unies, à unir leur force pour lutter contre ce fléau (…) Cette campagne révèle d’une importance particulière. Le secrétaire général des Nations Unies a lancé, depuis plusieurs années, 16 ans maintenant, la première campagne ‘’Tous unis’’, pour galvaniser les efforts des organisations de la société civile visant à prévenir et à éliminer les violences faites aux femmes et aux filles dans le monde (…) »Tous unis » est donc une campagne qui encourage les concitoyens à montrer, à quel point, ils sont de cœur pour mettre fin à la violence et surtout faire connaitre les actions qu’ils mènent pour que ce phénomène cesse (…) Elle invite les responsables gouvernementaux du monde à expliquer et à investir davantage pour que la prévention soit aussi un des moyens au centre de l’ensemble des stratégies (…) », a souligné le Représentant Résidant de l’ONU Femmes en RDC.

« (…) En République Démocratique du Congo, les avancées ont été certes, faites depuis plusieurs années notamment, la stratégie nationale révisée de la lutte contre les violences sexuelles basées sur le genre en 2020, la loi numéro 15013 du 1eraout 2015 portant modalité d’application des droits de la femme et de la parité, la campagne ‘’Tolérance zéro’’ qui a été lancée en 2021 et la mise en place du Fonds national de réparation des survivants des violences à travers la loi numéro 22065 du 26 décembre fixant les principes fondamentaux relatifs à la protection et réparation des violences sexuelles liées aux conflits (…) En dépit de ces avancées, les violences sexuelles ou celles basées sur le genre (VSBG) continuent à se perpétuer. (…) Nous devons unir nos forces pour que cela cesse, car, aucune violence, sous aucune forme n’est acceptable (…), a-t-il soutenu.

Il sied de noter qu’en RDC, 45,3% des femmes déclarent avoir été blessées ou frappées. Et 42,8% des femmes sont des survivantes de violences domestiques (CEREDGL, CEPFE, MINIGEFAE, ONU Femmes, 2016). Des violences qui pouvaient être évitées.

Mondialement, plus de quatre femmes et filles sur cinq (86%) vivent dans des pays sans aucune protection juridique solide ou dans des pays où les statistiques n’existent simplement pas.

Tristement, la violence à l’égard des femmes et des filles reste encore banalisée bénéficiant de très peu d’engagement politique pour son éradication.

La problématique des violences basées sur le genre en RDC ne se limite pas qu’aux violences sexuelles. Une analyse des données de l’Enquête Démographique et de Sante (EDS 2013-2014) sur les violences domestiques, réalisée par le CERED-GL, a démontré l’importance et la prévalence d’autres types de violences, à savoir : les violences physiques graves et moins graves, les violences émotionnelles ou psychologiques.

Concernant les mariages précoces, selon l’enquête MICS 2017-2018, le pourcentage de femmes âgées de 20 à 24 ans qui étaient mariées ou en union avant l’âge de 15 ans et avant l’âge de 18 ans est respectivement de 8%, et 29%.

Pour l’édition 2023, les Nations Unies, sous l’égide du Secrétaire Général, cette campagne est un plaidoyer qui appelle les gouvernements, les institutions, le secteur privé ainsi que les citoyennes et citoyens à se mobiliser, s’engager et montrer à quel point ils ont à cœur d’éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles.

En RDC, plus de 38.000 cas de violences basées sur le genre ont été signalés pour toute l’année 2022 dans le seul Nord-Kivu. Aussi, des études ont reporté des avancées significatives envers l’égalité des sexes lorsque les femmes participent activement à la gestion des conflits et des situations d’urgence et lorsque l’action humanitaire se concentre sur les organisations de défense des droits des femmes et les groupes autonomes.

La diminution des actes de violences envers les femmes et les filles, à travers la fourniture de services aux femmes et aux couples; des ateliers de sensibilisation pour les communautés et les individus, un numéro vert (495555) et d’autres activités qui favorisent l’information sur la violation des droits de l’homme qu’est la violence contre les femmes et les filles, et comment la prévenir.

L’ONU en RDC organise une série d’événements du 24 novembre au 10 décembre, reflétant le thème de cette année, pour encourager l’engagement en faveur de la prévention de la violence envers les femmes et les filles.

Le Système des Nations Unies en RDC accompagne, par ailleurs, les organisations de défense des droits des femmes dans leurs efforts de créer une société plus sûre, plus équitabe et plus juste pour les femmes et les filles du monde entier, ainsi qu’un avenir plus radieux et plus prometteur pour tous.

Dans un monde où le besoin d’égalité des sexes et de prévention de la violence reste urgent, les gouvernements et les institutions doivent reconnaître, renforcer et investir dans les efforts inébranlables des organisations de femmes.

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